« Je tiens à remercier toute l’équipe de FILIKO THEATRE pour la qualité de votre travail. La représentation a su révéler et mettre en valeur chacun des acteurs. Les missions et fonctions des professionnels ont été magnifiées, et l’émotion a pleinement traversé la scène pour atteindre le public (les retours sont unanimes). Un grand bravo ! »
Elodie POIRIER Responsable du service Solidarités Santé Mauges Communauté
Située en Anjou, Mauges Communauté, dans le cadre de sa politique d’animation et de solidarités territoriales, pour fédérer les acteurs du handicap et de la perte d’autonomie, informer les personnes concernées et sensibiliser tous les publics à ces enjeux, a sollicité Filiko afin d’assurer la direction artistique d’une création de spectacle avec les usagers des établissements médico-sociaux du territoire, pour créer les conditions multiples de l’accès des personnes vulnérables à l’expérience culturelle, aux pratiques artistiques et à l’appropriation du sensible ; l’édition 2025 de Soli’Mauges.
Le spectacle Êtres Forêt a été créé au Théâtre Le Foirail de Chemillé en Anjou le 21 novembre 2025. Un documentaire est en cours de réalisation.
L’équipe Filiko
Jean-Marie Lorvellec : conception, mis en scène
Armelle Gassie : chorégraphie
Etienne Boisdron : musique
Annick Cesbron : chant et jeu
David Lino : réalisation vidéo, communication
Jana Diklic : coordination, logistique
Photographies : Mathilde Airault
Graphisme, animations : Bertrand Suberbie
Le 21 novembre 2025, au Théâtre Foirail de Chemillé, quelque chose d’extraordinaire s’est produit.
70 personnes venues de 9 établissements médico-sociaux des Mauges ont fait surgir sur scène une forêt vivante, sensible, traversée de voix, de gestes et de souvenirs.
Devant une salle comble, et suivis en direct par celles et ceux qui ne pouvaient être présents, les interprètes d’Êtres Forêt ont bouleversé le public.
Cette création, accompagnée pendant près d’un an par la compagnie Filiko Théâtre, est l’aboutissement de Soli’Mauges 2025, événement porté par Mauges Communauté pour affirmer la place de la création artistique au cœur de l’inclusion.
Comme l’ont souligné Le Courrier de l’Ouest et Ouest-France, il s’agit d’un projet « pas comme les autres », où l’intensité artistique naît de la diversité même des corps, des âges, des parcours et des fragilités.
Une aventure collective sur le temps long
Depuis février, la troupe s’est construite pas à pas, grâce à des ateliers réguliers dans chaque établissement. Les scènes se sont écrites au fil des rencontres, des imaginaires qui surgissaient, des élans inattendus.
Etres Forêt est « une pièce chorale », façonnée pour et avec chaque participant : rôles sur mesure, personnages nés de leurs désirs, scènes adaptées à leurs dynamiques, leur humour, leur lumière propre.
Une forêt pour rassembler
Dans cette forêt inventée, chacun a trouvé sa place. Une constellation bigarrée, cohérente, joyeuse.
Et avec eux une chorégraphe, une chanteuse-comédienne, un musicien accordéoniste, un réalisateur, une équipe d’éducatrices et d’animatrices et Filiko Théâtre en maître d’orchestre.
Mauges Communauté et Scène de Pays ont joué un rôle essentiel : moyens humains, logistiques, techniques et financiers, mise à disposition des salles, présence des équipes, soutien constant permettant au spectacle d’être programmé comme un spectacle professionnel.
Un signal fort, rare, exemplaire.
Un soir de novembre, tout a pris vie
Le 21 novembre, tout s’est aligné : la précision, la douceur, l’imprévu, l’entraide, la joie.
En coulisses, un calme appliqué, sur scène, une justesse lumineuse. Dans le public : des larmes, des rires, des visages qui s’ouvrent.
Un spectacle qui restera
Êtres Forêt n’a pas seulement réuni des établissements. Il a réuni des mondes. Il a rendu visibles des personnes trop souvent invisibilisées. Il a montré qu’une forêt peut pousser sur une scène, mais aussi dans une communauté, entre des personnes qui ne se connaissaient pas, entre des groupes qui n’avaient jamais travaillé ensemble.
Ce spectacle restera comme un geste collectif rare, une œuvre où chacun a compté, où chacun a été vu, entendu, reconnu, un specacle qui marquera pour toujours l’histoire culturelle de ce territoire.
Et maintenant… la suite de l’aventure Êtres Forêt
Le 21 novembre 2025 restera comme une date fondatrice : Êtres Forêt a pris vie devant une salle comble et profondément émue. Depuis, quelque chose nous habite encore : un désir très simple, très fort… celui de continuer.
Le spectacle n’était pas seulement une représentation unique : c’était l’aboutissement d’un an de travail partagé, de collectifs réunis, d’imaginaires entremêlés, d’éducatrices et d’animatrices engagés, de chorégraphie, de musique, de poésie, et de confiance donnée aux soixante-dix interprètes.
Aujourd’hui, à Filiko, une même évidence circule : nous avons envie de nous retrouver.
De faire pousser d’autres projets inclusifs. De prolonger cette manière de travailler ensemble, patiente, sensible, inventive, qui a donné naissance à une œuvre à la fois fragile et puissante.
Un documentaire pour témoigner
Pour que cette aventure ne s’efface pas, un documentaire est en cours de réalisation.
Il retracera les répétitions, les découvertes, les doutes, les éclats de rire, les relations tissées entre les groupes, et la montée en force de cette forêt humaine qui a pris racine sur scène.
Ce film témoignera de ce qui a fait d’Êtres Forêt un projet réellement exemplaire :
la place donnée aux personnes en situation de handicap, la création artistique pensée pour elles et avec elles, le soutien massif de Mauges Communauté et de Scènes de Pays, et la puissance émotionnelle d’un territoire réuni autour d’une œuvre partagée.
Êtres Forêt ne se termine pas : il se prolonge
Dans un film, dans des souvenirs vivants, dans des désirs de création commune, et dans l’élan collectif qu’il a déclenché.
« La forêt n’est pas ce bout de « nature sauvage » mais une certaine composition tout à fait singulière de liens, d’êtres vivants, de magie. Non une étendue mais une puissance qui croît. La forêt, c’est une réalité sensible, moins un « espace recouvert d’arbres », qu’une façon singulière d’agencer le monde, de l’imaginer, de s’y attacher. Il n’est pas tant question ici de La Forêt que des usages et des liens que nous entretenons ou avons entretenu avec les forêts.
Mieux, il s’agit ici de voir comment nous sommes forêts.
Une manière de se tenir droit. De ne plus courber la tête. S’enraciner mais aussi surgir. Se déployer. Quelque chose comme une verticalité inédite. C’est peut-être d’abord cela une forêt et ce que l’on a envie d’y défendre : un événement vertical. Quelque chose qui, contre l’étrangeté du monde administré, est enfin là. Pleinement là.
Les forêts abritent des mondes. Des mondes déjà là. Tissés de coutumes, de complicités, de luttes passées, ils recèlent un imaginaire commun.
Commencer à parcourir la forêt, à entrer en forêt, c’est quitter tout un ordre
L’ordre des chiffres, des mesures, des lois gravées dans le sol
Se tenir ensemble
Des racines dans le ciel et le vent qui nous portent
S’ancrer,
Se propager,
Être forêts »
Jean-Baptiste Vidalou