Un documentaire de David Lino et Jean-Marie Lorvellec
téléchargez le dossier de Partons en Forêt
Dans une forêt rien ne se ressemble et tout tient ensemble.
Une organisation vivante, patiente, inattendue.
Des personnes très différentes se retrouvent pour créer un spectacle.
L’art devient un terrain de jeu, d’écoute et d’invention.
Sur scène, des corps singuliers fond surgir une forêt vivante.
Partons en forêt suit cette aventure artistique aussi improbable que nécessaire.
Synopsis
Ils sont quatre-vingts et forment une troupe aux présences très diverses personnes âgées, personnes en situation de handicap, éducatrices, artistes. Rien ne les prédestinait à se rencontrer, sinon le projet de créer ensemble un spectacle.
Pendant presque un an, ils inventent Êtres Forêt, une pièce chorale écrite pour et avec les corps, les voix et les possibilités de chacun.
Tout se construit patiemment : les personnages, les images, l’histoire. Des premiers ateliers à la représentation finale, Partons en Forêt suit cette aventure au plus près, les mains, les respirations, les découragements, les joies. Peu à peu, un collectif se dessine, à la fois fragile et puissant.
Trois fils narratifs s’entrelacent : la chronique de la fabrication du spectacle, des focus sur des présences singulières et le geste politique d’un projet qui relie art et soin.
Partons en forêt n’est pas le making-of d’un spectacle. C’est un film sur la façon dont ce spectacle transforme celles et ceux qui le créent.
Contexte
Le collectif Soli’Mauges est né de la volonté du service de solidarité-santé de Mauges Communauté de fédérer les structures médico-sociales du territoire et de proposer un temps fort autour d’un projet commun tous les deux ans. Pour 2025 il s’agit de créer un spectacle qui s’inscrit dans la programmation de Scène de Pays (scène culturelle conventionnée des Mauges) .
Initialement, le projet suscitait des doutes chez certains directeurs ou éducatrices, qui le jugeaient trop ambitieux face à la complexité logistique et aux contraintes liées aux diverses pathologies et rythmes des participants. Malgré ces réticences, l’initiative a convaincu neuf établissements sur la cinquantaine sollicités, qui ont choisi de s’engager dans cette proposition artistique inédite.
Le projet est porté par le collectif nantais Filiko Théâtre qui a su fédérer pendant un an près de 100 personnes qui se sont mobilisées, pour organiser, inventer, construire, répéter et jouer un spectacle mêlant théâtre, danse, musique et vidéo.
Êtres Forêt fut créé au Théâtre Foirail de Chemillé-en-Anjou le 21 novembre 2025 devant une salle comble et enthousiaste.
Intentions
Ce projet naît d’un désir simple : regarder autrement celles et ceux qu’on voit trop peu sur les scènes, les écrans ou dans l’espace public, et les placer au centre. Nous avons souhaité suivre cette aventure chorale comme on suit une germination. Pendant plusieurs mois, une troupe se rassemble, répète, doute, cherche, invente. Peu à peu, chacun trouve sa place, son geste, sa voix. Ensemble, ils deviennent une forêt vivante, diverse.
Comment penser un spectacle qui s’adapte aux capacités de chacun ?
Comment un collectif transforme les peurs et les fragilités en énergie créative ?
Le chemin de la création — les répétitions, les doutes, les élans, les ajustements — constitue notre axe majeur. Nous marchons avec la troupe, au plus près, en entrant dans son rythme, en respectant le temps long nécessaire à l’émergence d’une œuvre collective.
Partons en forêt est un film sur la place qu’on laisse aux autres, sur la joie de faire ensemble. On s’attache également à certaines personnalités marquantes, à ce que cette aventure déplace en elles, ou révèle. Des métamorphoses parfois discrètes, parfois bouleversantes.
Enfin, nous souhaitons montrer comment l’art peut devenir soin, lien et dignité, en ouvrant un espace commun où chacun peut exister pleinement.
Ce film est le fruit d’un dialogue constant entre le réalisateur, présent dès les premières répétitions, témoin attentif du processus et des corps au travail, et l’auteur-metteur en scène du spectacle, dont la fabrication et les répercussions constituent la matière même du documentaire.
Filmer avec douceur et patience une communauté d’êtres sensibles partageant un imaginaire commun.
Cette co-écriture croise le regard extérieur du cinéma et l’expérience intérieure de la scène, afin de raconter au plus juste ce qui se joue, avant, pendant et après Êtres Forêt.
collective – sensible – exigeante – joyeuse – lente – incarnée – poétique – inclusive – transformatrice
Dramaturgie du spectacle
Le spectacle s’ouvre sur un constat d’effondrement écologique où, face à la disparition des insectes et aux incendies ravageurs, des citadins décident de tout quitter pour rejoindre la forêt. Ces Fuyants cherchent un nouveau départ et jurent de rester unis.
Au cœur des bois, ils découvrent un univers merveilleux peuplé d’esprits de la nuit, de figures animales ou de magiciens. La nature s’y révèle comme un espace de renaissance où même un incendie accidentel est surmonté par la solidarité.
Le périple des Fuyants les mène à la rencontre des Gardiens des Souvenirs, des anciens qui veillent sur la mémoire du monde à travers des objets chargés d’histoire. Cette confrontation souligne que la seule véritable richesse réside dans les souvenirs et non dans l’argent, rejeté comme un poison du monde ancien.
Le spectacle s’achève sur une communion universelle, célébrant une forêt qui n’oublie jamais rien et réapprend à s’écouter.
Les initiateurs
En 2021, il co-fonde l’agence de production Jean-Claude
Dans Partons en forêt, il met son regard au service d’une création collective rare, attentif au temps long, à l’écoute des présences et à la justesse du geste documentaire.
Conclusion
Partons en forêt met en lumière la dignité de personnes valorisées comme sujets créatifs, dont les corps et les voix singulières font surgir une œuvre chorale puissante.
Ce film rend hommage à l’engagement des professionnels médico-sociaux et à l’intelligence collective qui ont permis de transformer les fragilités en force artistique.
En suivant ce processus de création au plus près, la caméra de David Lino témoigne d’une véritable métamorphose symbolique, où l’imaginaire partagé devient un outil de soin et de lien social.
Cette aventure prouve que la création offre à chacun une place centrale dans le récit commun.