partager sur

Sur les Sentiers Inverses

Informations pratiques

Sur les sentiers inverses est une proposition artistique, écologique et sociale en immersion dans des espaces ruraux. Pensée idéalement sur le temps long, elle mêle rencontres, résidences, créations collectives, transformations de paysages, récits vivants et pratiques sensibles du territoire. En s’appuyant sur la caminologie – science imaginaire des chemins – le collectif Filiko invente de nouveaux liens entre habitants, artistes, chercheurs, élus et milieux vivants. Chaque intervention est pensée comme une bifurcation, un ralentissement, une tentative d’écoute : des lieux sont transformés, des œuvres apparaissent, des paroles circulent, des souvenirs s’ancrent. À travers cette démarche, Filiko réunit les arts du récit, les pratiques paysagères artistiques et l’expérimentation sociale pour accompagner des dynamiques locales inspirées par le vivant.

À propos

Revenir à ce qui nous relie, à ce que nous partageons. Revenir au sol, aux récits, aux gestes simples et puissants des transformations collectives. Revenir au sentier.

« Les chemins que nous avons pris jusqu’ici : techniques, politiques, productivistes nous mènent dans des impasses.

Une bifurcation ne pourrait surgir qu’à la faveur d’un ralentissement,  d’un attachement local et d’une poétique du pas.

Il nous faut désapprendre certaines évidences, et réhabiter les récits oubliés des sentiers. »

Professeur Lavnord

Nous proposons de ranimer une intelligence relationnelle au territoire, en révélant ses lignes sensibles, ses récits oubliés, ses forces telluriques. Cette démarche s’ancre dans une série de convictions :

-L’enjeu de nos relations avec les autres vivants de la bio-sphère, parce qu’il implique la viabilité de notre futur, est devenu absolument crucial.

-Certaines forces antagonistes sont décidées à ne rien changer voire à amplifier les méthodes qui ont conduit à l’extrême gravité de notre situation.

-La crise écologique que nous subissons est avant tout une crise de la sensibilité.

Revenir aux sentiers, à ce qu’ils nous racontent, à ce qu’ils nous permettent de traverser ensemble, pour créer, dans de petites communes, des espaces naturels transformés par l’art, habités par des récits, des rituels, des œuvres, des rencontres.

Des sentiers qui deviennent des lieux vivants d’écoute, d’imagination et d’attachement.

Au cœur de notre dramaturgie territoriale, la caminologie, science poétique et politique des chemins, fonde une manière d’être au monde : marcher, observer, relier, transmettre. Elle permet l’étude des trajets que l’on emprunte, qu’ils soient physiques ou symboliques, et la manière dont ces parcours façonnent nos liens, nos échanges et nos façons de vivre, articulant ainsi plusieurs régimes de savoirs : géographie sensible, anthropologie relationnelle, narration spéculative. Elle invite à considérer les sentiers comme des structures de sens, des lieux d’inscription de l’histoire, du vivant et des imaginaires.

Une recherche-action née en Ardèche : Le Sentier Voubien

Sur les sentiers inverses s’enracine dans une expérience concrète :

Le Sentier Voubien, un sentier pour que vous vous sentiez bien, au Monestier, en Ardèche.

Inauguré en 2024, ce dispositif artistique et paysager, développé en lien étroit avec la mairie de ce petit village, conjugue :

  • des installations plastiques in situ,
  • des plantations vivrières,
  • des récits fictifs,
  • des interventions de terrain (spectacles, rituels, balades contées, bal folk…),
  • une gouvernance partagée du sentier.

Une méthodologie d’intervention en milieu rural

Nous proposons à de petites communes une nouvelle forme d’interventions douces, de soin partagé d’espace naturel public, entre créations plastiques, transformations paysagères, rituels publics, débats citoyens et formes spectaculaires.

Nous définissons ensemble le protocole d’intervention, le nombre de résidences pensées comme un acte relationnel avec le territoire, co-construit avec les habitant·es, les élu·es, les écosystèmes, les récits passés et ceux qu’il reste à écrire.

Chaque résidence articule

  • Des explorations caminologiques du territoire
  • Des transformations d’un espace public (sentier, jardin, forêt)
  • Des rencontres avec les habitant·es, les élu·es, les associations, les écoles
  • Des temps de création plastique, sonore et narrative in situ
  • Des rituels collectifs, des expositions, des débats, des spectacles
  • Des rencontres avec des artistes locaux
  • Un temps de restitution publique sous forme de fête, de déambulation, de banquet ou d’expérience sensorielle partagée
  • Un tournage documentaire mené par David Lino.

Sur les sentiers inverses se construit en lien avec les spécificités du lieu, ses récits, ses usages, ses enjeux écologiques. Nous créons des formes qui relient, qui tissent du lien entre les générations, les savoirs, les êtres vivants humains et non-humains et offrons aux habitant.es une expérience à la fois artistique, sensorielle et participative. Nous valorisons des espaces naturels en les habitant autrement, en y vivant des moments de fête, de pensée et de commun.

Nous laissons des traces physiques, filmiques et imaginaires.

Grâce à la caminologie, cette science poétique des trajectoires, nous explorons les lignes de passage, les flux d’énergie, d’histoires, d’eau ou d’exil qui traversent les paysages. Sur les sentiers inverses, notre dispositif d’interventions artistiques, installations, récits, rituels, ravive notre sensibilité aux milieux qui nous entourent, renouent avec leurs forces telluriques, leurs histoires oubliées et leurs présences silencieuses.

Le succès de la Fête de la Nature sur le Sentier Voubien au Monestier en juin 2025, l’accueil enthousiaste de nombreux visiteurs, dont plusieurs maires venus d’autres villages, a confirmé la force de cette démarche. Le Sentier Voubien est devenu un modèle, une proposition reproductible, un outil de transformation sensible du territoire.