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BOUCLくる

Une création avec l’artiste japonaise Mayumi Inoué. Visitez son site.

Informations pratiques

Un spectacle de marionnette et rétroprojection  conçu et interprété par Mayumi Inoué et Jean-Marie Lorvellec

Manipulation Aude Rivoisy

Musique Stéphane Fromentin

Lumières Simon Demeslay

Création au Nouveau Studio Théâtre de Nantes les 29 et 30 avril 2022 dans le cadre du dispositif résidence-diffusion de la Mairie de Nantes.

En parallèle du spectacle, une exposition réunissant une quarantaine de pièces de tissage et des photographies de Mayumi Inoué est proposée, comprenant notamment les trois oeuvres réalisées avec les cheveux et les documents d’Eugénie.

Des rencontres pédagogiques sont organisées avec des établissements scolaires.

À propos

Une véritable rencontre

BOUCLくる (prononcez boucl-koulou) raconte la véritable rencontre de Mayumi et Eugénie.

Mayumi est une artiste japonaise qui pratique l’art du tissage. Les matériaux anciens qu’elle utilise – cheveux, partitions, livres, photos – sont chargés d’histoires. Méticuleusement, elle les entremêle pour leur redonner une autre vie. Avec une infinie patience, quand Mayumi tisse, elle interroge les mémoires, entrecroise les correspondances. La délicatesse qu’elle met en oeuvre est une allégorie de la volonté de vivre. Mayumi perpétue l’étoffe des destins.

En 2020, elle vient à Nantes et fait la connaissance du metteur en scène Jean-Marie Lorvellec. Coïncidence incroyable, il a chez lui une boite métallique qui contient des bobines de fils, des vieux documents administratifs et une grosse mèche de cheveux. Cette boite appartenait à une ancienne propriétaire – une couturière lui a-t-on dit – qui l’avait laissée dans sa maison.

Mayumi est troublée : comme si les matériaux indispensables à son art l’attendaient là depuis des années, gardés précieusement dans cet écrin de fer blanc.

Mayumi et Jean-Marie en étudient alors le contenu et découvrent la vie d’une femme née en 1895, qui se nomme Eugénie. À partir des archives qu’elle leur a laissées, ils peuvent retracer tout son parcours. Ils comprennent ainsi peu à peu qu’elle a traversé les épreuves du vingtième siècle et surmonté de nombreux drames personnels. Comme beaucoup d’autres femmes, Eugénie a vécu une vie d’effort et de courage.

Cette archéologie de l’intime engendre beaucoup de compassion. Mayumi et Jean-Marie se retrouvent désormais dépositaire d’une mémoire oubliée. Ils se demandent pourquoi Eugénie a coupé ses cheveux. Pourquoi les a-t-elle laissés avec ses papiers importants, tous ses souvenirs, dans son reliquaire si précieux ?

Mayumi souhaite alors réaliser des oeuvres avec des éléments de leur découverte. Elle crée trois tissages dans la maison même où Eugénie a vécu. C’est l’occasion de poursuivre l’enquête, d’imaginer sa vie de famille à Nantes, confrontée aux soubresauts de l’histoire.

S’intéresser à elle, se questionner, vouloir comprendre qui elle est, lui réinsuffle une énergie de vie. Comme si elle sortait d’une brume d’oubli, peu à peu cette femme invisible apparaît, entre les preuves matérielles de son existence et les imaginaires partagés du sud du Japon jusqu’en Bretagne.

Son corps façonné par la patience, son sourire supposé, son regard envisagé.

Quand Mayumi tisse les cheveux d’Eugénie un phénomène étrange se produit : quand Mayumi tisse ses cheveux, Eugénie renaît. Pas tout à fait la même bien-sûr, mais la même suffisamment pour qu’une véritable rencontre existe.

Un spectacle à propos de la mort et de la renaissance

La mort est un sujet tabou, on en a peur et on évite de l’aborder avec les enfants. Raconter une vie ne se résume pas à être né, vivre et mourir un jour. Il s’agit de vivre la mort aussi, comme le reste de la vie, comme un cycle sans cesse recommencé, une boucle d’existence.

Marionnette et rétroprojection

Quand Mayumi tisse, les morts sont vivants.

La rétroprojection permet de montrer la danse d’ombre de ses mains d’où Eugénie renait en marionnette. Elle porte de longues nattes et un nez pointu, elle a une grosse tête en tissus colorés et un regard très doux. Eugénie est très étonnée de rencontrer Mayumi et de retraverser des moments importants de sa vie.

Plusieurs écrans de différentes matières : drap, tulle ou fIls, offrent une variété de plans aux images projetées qui associent divers éléments : silhouettes de personnages, photos, végétaux, tissus, encres…

Musique

En musique, la boucle est un élément essentiel. Suivant le titre du spectacle, je me suis questionné sur le rapport que pouvait avoir le son de BOUCL avec ladite boucle…Or, une des contraintes du spectacle était de tout faire à vue. J’ai donc cherché un moyen de créer une musique qui puisse tourner en boucle directement au plateau. Une musique circulaire. De recherches en digressions, mon choix s’est arrêté sur des carillons éoliens au son hypnotique, couplés à des petits moteurs. Capter, amplifier et sampler la musique de ces carillons a ensuite été le travail de création de bande son et musicale. Le but étant de tirer cet univers vers quelque chose de l’ordre de la simplicité et l’essentialité zen. En faire un jardin japonnais musical. Stéphane FROMENTIN

Lumière

Spectacle autour d’un rétroprojecteur avec régie au plateau.

Au même titre que le tissage est montré au public, nous avons souhaité mettre la lumière sur le métier. Le spectacle s’ouvre sur un jeu de lumières manipulées par 2 comédiens. Ensuite quelques suspensions apparentes viennent découper l’espace. Le rétroprojecteur, élément central de la scénographie est contrôlé directement du plateau par l’artiste à vue. Il en est de même pour les sources satellites, contrôlées par le jeu d’orgues posé au sol, en miroir du rétroprojecteur. Simon DEMESLAY

Le témoignage de Mayumi Inoué

Eugénie m’a appris que l’on peut aussi rencontrer les morts et devenir de vrais amis. Lorsque nous regardons en arrière et admirons leur vie, cela leur donne de la fierté et de la joie. J’ai hâte de rencontrer la prochaine génération de personnes même après ma mort ! Mayumi INOUÉ

L’équipe

Mayumi Inoue est née à Fukuoka, au Japon, en 1988. Elle est diplômée de la faculté des Arts de Joshibi. Son travail a été exposé maintes fois au Japon et en France. Lauréate de la Bourse du Ministère de la Culture du Japon.

Jean-Marie Lorvellec est comédien et metteur en scène. En parallèle de son parcours de comédien avec différentes compagnies, il mène ses propres projets théâtraux au carrefour des sciences, de la philosophie et de l’écologie. Il dirige FiLiKo THéâTRe.

Aude Rivoisy est marionnettiste, comédienne et metteuse en scène. Elle travaille avec les compagnies Grizzly, Betty BoiBrut, Théâtre pour 2 mains, La fidèle Idée.

Stéphane Fromentin promène sa musicalité à travers les musiques actuelles, la musique improvisée, les projets de danse et de théâtre. Il co-fonde la compagnie nantaise La Réciproque en 2013. Il est membre du groupe Yes Basketball et de trunks.

Simon Demeslay découvre le théâtre et la mise en lumière avec l’éclairagiste André Diot. Il passe ensuite une licence en vidéographie et art visuels à L’ERG Ecole supérieur des Arts (Bruxelles). Il devient ensuite régisseur général du Théâtre de l’Echappée. Puis il travaille avec FiLiKo THéâTRe, FOUIC Théâtre, Art Zygot, La Réciproque, Plateau K…

Titre

Le titre du spectacle BOUCLくる se prononce boucl-koulou. Essayez c’est assez agréable ! BOU-CL-KOU-LOU

Koulou-koulou en japonais :  くるくる, exprime comment les choses tournent continuellement.